La transformation du secteur éducatif à Madagascar est en marche, grâce à des initiatives audacieuses et innovantes. À Besely, un village éloigné du nord-ouest de l’île, un projet ambitieux prend forme, empruntant des racines au cinéma pour fleurir dans un contexte rural. Au cœur de cette démarche se trouve Charles Gassot, un ancien producteur de cinéma français que l’on peut considérer comme la figure centrale de cette aventure éducative unique. À travers cette initiative, il souhaite non seulement améliorer l’accès à l’éducation dans une région défavorisée, mais également insuffler une dynamique culturelle forte et durable.
Les débuts d’un projet unique : un collège dans la brousse
Le projet de campus à Besely a vu le jour suite à un moment d’éveil pour Charles Gassot lors d’un tournage à Madagascar. Ce pays, bien que riche en culture et en paysages, fait face à d’énormes défis, notamment une pauvreté extrême qui touche des millions de Malgaches. En effet, selon la Banque Mondiale, environ 80 % de la population rurale vit en dessous du seuil de pauvreté. Cette situation a conduit Gassot à mettre en place une ONG, « Ecoles du Monde », pour construire des écoles et intervenir dans les communautés défavorisées.
Le concept de son campus se veut intégrateur et innovant, regroupant l’éducation formelle et des initiatives de développement durable. L’ambition est d’offrir un environnement d’apprentissage propice à la créativité et à l’innovation, tout en répondant aux besoins locaux. Par exemple, le campus dispose déjà d’un système de fibres optiques, permettant l’accès à des cours à distance avec des enseignants venant de France. Cela introduit une dimension moderne à l’enseignement, reliant les élèves de Besely au reste du monde.

Des infrastructures modernes au service de l’éducation
Les infrastructures du campus sont conçues pour répondre aux besoins des élèves et des enseignants. À cet effet, les locaux de l’école ont été bâtis en tenant compte de l’esthétique et du confort, avec des salles de classe spacieuses et bien éclairées. C’est un point souvent négligé dans les projets éducatifs, où l’accent est mis uniquement sur la fonctionnalité. En outre, Charles Gassot insiste sur le fait que même en pleine brousse, il est essentiel de fournir un cadre agréable pour l’éducation. L’architecture est donc le fruit d’une collaboration avec l’architecte Jean-Paul Viguier, et a pour but de créer un environnement stimulant.
Dans le cadre de cette initiative, un accent particulier est aussi mis sur les installations qui favorisent la durabilité. Parmi ces installations figurent :
- Panneaux solaires pour l’autonomie énergétique
- Systèmes de récupération d’eau de pluie
- Jardin pédagogique pour enseigner l’agriculture durable
Ces éléments constituent une partie intégrante du programme éducatif, dont l’objectif est d’inculquer des compétences pratiques aux étudiants tout en respectant l’environnement.
| Infrastructures | Fonctionnalité | Impact |
|---|---|---|
| Panneaux solaires | Fournir l’énergie | Autonomie énergétique |
| Jardin pédagogique | Enseignement de l’agriculture | Pratiques durables |
| Salles de classe modernes | Environnement d’apprentissage | Amélioration des performances scolaires |
Innovation et éducation : refondation d’un secteur
Le campus de Besely n’est pas simplement un lieu d’enseignement, il représente une nouvelle approche de l’ éducation à Madagascar. Les méthodes d’enseignement mises en place s’appuient sur l’innovation, la culture et la pratique. Le projet a été conçu pour répondre aux défis actuels de l’éducation, tout en s’adaptant aux réalités socioculturelles du pays.
Un autre aspect distinguant cette initiative est son engagement envers la culture locale. À travers des ateliers de cinéma, de théâtre et d’autres arts, les jeunes apprenants ont l’opportunité de s’exprimer créativement. Ce faisant, ils découvrent non seulement leurs talents, mais aussi l’histoire et les légendes de leur propre pays. Cela renforce leur identité culturelle, tout en établissant un lien entre l’éducation formelle et la culture populaire malgache.
De plus, le projet offre des activités extracurriculaires qui permettent aux élèves de développer leurs compétences dans divers domaines :
- Ateliers de robotique
- Cours de codage informatique
- Formation aux échecs
Ces initiatives visent à engager les élèves dans leur apprentissage, rendant l’éducation plus attractive et stimulante. Charles Gassot, convaincu de la nécessité de sortir de la routine éducative, pousse les élèves à s’impliquer activement et à s’exprimer librement.
Avenir et défis : construire un modèle durable
Quel que soit le succès initial du campus, des défis persistent dans la mise en place d’un modèle éducatif durable. Charles Gassot souhaite non seulement élever le niveau éducatif à Besely, mais également s’assurer que le projet ait un impact durable. Pour cela, il explore diverses pistes visant à rendre le campus autonome financièrement.
Parmi les projets envisagés pour assurer l’autonomie financière, on note :
- Création d’un lycée agricole pour enseigner et pratiquer l’agriculture
- Élevage de poissons tilapias et de poules pour la cantine
- Production de miel de jujubier, une denrée prisée sur le marché international
Cependant, la mise en œuvre de ces projets pose un certain nombre de problèmes, notamment des complications légales liées à la propriété foncière à Madagascar. La lutte pour obtenir des terres agricoles a entraîné des conflits avec des paysans et des autorités locales, rendant le développement du projet plus complexe. Néanmoins, l’appui du gouverneur de la région souligne une volonté politique d’accompagner et de soutenir cette initiative.

Les retombées d’un projet éducatif réussi
Au-delà des murs du campus, l’impact d’une telle initiative peut transformer la communauté entière. En offrant une formation de qualité, non seulement les enfants sont tirés vers le haut, mais leurs familles et leur entourage en profitent également. Les futures générations auront accès à davantage d’opportunités, grâce à l’élever leur niveau d’éducation. Cette évolution pourrait également contribuer à endiguer le phénomène de l’exode rural, souvent causé par le manque de perspectives d’avenir. En permettant aux élèves de développer des compétences pratiques et interculturelles, le campus aspire à former des leaders de demain dans un Madagascar en pleine mutation.
Charles Gassot ne cache pas son ambition de faire de son campus un modèle à reproduire dans d’autres régions du pays. Sa vision est purement humaniste, centrée sur le bien-être de l’universalité des enfants et un Madagascar plus juste. Dans ce contexte, il est crucial d’accompagner l’innovation éducative par le soutien d’organisations internationales et de mécènes, car ce projet est loin d’être achevé.